Monday 17 January à 19h30

Bixa Travesty

de Claudia Priscilla et Kiko Goifman, 2018, 75’

En faisant le portrait de l’artiste performeuse trans brésilienne Linn da Quebrada (la Belle Cassée), Bixa Travesty (Pédale Travestie, son nom de scène) entend questionner le genre en épousant le panache et la verve sulfureuse de sa protagoniste. Originaire des quartiers périphériques de Sao Paulo, Linn se revendique "terroriste du genre" en gardant volontairement son sexe masculin, une manière d’échapper aux dictats hétéro-patriarcaux. Les cinéastes la suivent de la scène aux endroits les plus intimes de sa vie quotidienne.

Dans un pays particulièrement machiste où la transphobie est monnaie courante, Linn fait figure de résistante avec sa personnalité provocante et la mise en scène politique qu’elle met en oeuvre. Si elle nous éblouit et nous choque par son langage cru dès les premiers instants, si le film la suit nue jusque sous la douche avec sa mère ou ses proches, les réalisateurs se gardent bien d'une fascination mal placée. Linn tient un discours offensif sur le genre : opérée ou pas, ce n’est pas la question, elle se sent libre de simplement être. Si mal-être il y a, il provient de l’extérieur, du regard que les personnes cisgenres portent sur elle. Avec ses ami.e.s, elle évoque ainsi l’isolement, la violence des autres, avoir ou non des histoires d'amour avec des gays, résister à la fétichisation ; des problématiques qu’elle aborde notamment au cours d’une émission de radio qu’elle anime. Elle poursuit la mise en scène radicale d'elle-même jusqu'à son hospitalisation à la suite d’un cancer, dont elle sort victorieuse : rouge à lèvres, pauses érotiques, crâne ras avec la chimio, enrubanné de scotch. "On ne vous laissera pas tranquilles !" crie-t-elle dans son micro. - (Joffrey Speno)

Infos pratiques

🕘 Ouverture des portes de La clef revival 🔑 à 19h30
Lancement de la séance à 20h00
34, rue Daubenton – Paris 5e
💰 Prix libre